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Le mot de Coach #3 - Azincourt Mon Amour

3 novembre 2013 - 16:55

Mardi 29 octobre 2013 : Match contre Balmont FC. Ainsi va la défaite

Mardi 29 octobre 2013 : Match contre Balmont FC.

Résultat 15-1. Pour eux.

 

C’est tout d’abord sans acharnement volontaire que je reprends la photo du brillant Jimmy ayant servi dans Le mot de Coach #2, afin d’illustrer cette fois ce qu’elle exprime réellement : la douleur, l’échec, la faillite.

Le gout d’une amende amer ou celui du métal, la sensation d’une jambe coincée dans un bloc de béton, un corps embourbé dans un sable mouvant, ce rêve récurent d’un enfant qui peut être soi, nu, dans la cour d’école, sous les doigts pointés des camarades moqueurs… Bref, l’impuissance, l’incompréhension, la frustration et peut être la honte.

 

“Shame, eternal shame, and nothing but shame » -Henry V de Kenneth Brannagh

 

Avec ce résultat, le FC MANINE remporte le titre de la plus belle défaite avec un écart de score considéré comme le plus important de toutes les divisions de la FSGT. Je prends donc la Delorean et procède à un retour vers le futur…Manine atterrit apparemment à Azincourt dans le Nord Pas de Calais en 1415.

Silence.

Action.

L’aube est encore embourbée dans la brume et la boue. L’orage de la nuit s’est tût mais il semble avoir dessiné sur le parterre un sillage de mauvaise augure. Il fait froid, la maladie et la fatigue déposent un voile monotone sur la plaine. Manine se retrouve aux côtés de Jean, Paul, Luc, François, Gilles, quelques chevaliers fraichement adoubés et 1000 autres collègues de la cavalerie qui se pèlent le jonc tout en étant confiant. Il s’agit du camp français. Les tisons, un peu partout éparpillés expirent leurs derniers souffles. Les restes d’un repas visiblement frugal et des cadavres de bouteilles sont étalés sur un hectare, les tentes de fortunes sont en train d’être démontées. Tout le monde prépare son armure et ses chevaux. Les assaillants savent qu’ils vont en terminer rapidement. D’une part parce qu’il le faut, pour obligation familiale, des centaines de chtis de femmes les attendent pour manger le ragout de porc au maroille dominical. Et d’autre part, parce qu’une défaite est impossible, stratégiquement parlant. Les adversaires sont anglais. John, Peter, Smith, Adams et les autres sont beaucoup moins nombreux, épuisés, moins protégés, moins mobiles, sans trop de chevaux ni armure. A 10 h, les pronostics sont unanimes. 1000 contre 1 en faveur des Frogs. Les Rosbifs sont cuits. En témoignent les propos non officiels de Jean d’Artois et de Paul Le Beau finissant de préparer les chevaux avant la bataille, concentrés et sereins :

-Paul « C’étoit bien hier soir…je commençois a m’ennuyer au bout du 10 ème adoubement, celui du chevalier Tartempion mais fort heureusement, nous fusses ripaille comme des seigneurs, la poulaille nous mitasse en aloi, les baladins, bouffons et ménestrels furent assurément divertissants. La bière royale fut excellente »

- Jean «  tu dis vrai mon Paulo, je la sens encore qui coule dans mes veines par le gosier, j’espère que la bataille va vite se terminer, et fit !  taïau !, je rentre dans ma chaumière, un doliprane et au dodo. »

- Paul « t’inquiète, ça devrait être vite réglé, les rosbifs sont deux fois moins nombreux, ils ont la tourista, on va plier cette affaire et finir les chopines à la maison».

- Jean « Eh,  tu bosses Lundi ? »

- Paul « J’ai pris un CP mais il a été refusé, je dois finaliser la fortification de la ville de Rouen».

- Jean «  Sacrée série de guerres, j’espère qu’on aura notre retraite et que cela ne durera pas cent ans… ».

- Paul : « Je crains surtout qu’en cas d’invasion, on nous impose l’excentricité capillaire saxone du roi Henri V…je préfère mourir au combat…. »

 

… tu m’étonne !

Et bien Pierre, Paul, Jacques et les autres étaient dans l’erreur. A contrario de Balmont FC, l’armée anglaise dirigée par l’audacieux Henri V n’était pas favori sur le papier mais afflige à la prétentieuse armée de Charles VI la fessée la plus sévère et du reste la plus célèbre de l’histoire française. Le 25 octobre 1415 en pleine guerre de Cent ans, les guerriers ne rentrèrent même pas bredouille, le gout amer de l’amande acre dans la bouche… non, même pas. Les têtes décapitées sont restées plantées dans la boue.

 

L’issue de cette bataille est causée par trois facteurs importants. D’un côté, la négligence et la suffisance du camp français harnaché d’armures trop lourdes et trop imposantes et de l’autre, la stratégie des Gallois, leur connaissance du terrain et de leur environnement. Ces derniers ont choisi de provoquer la bataille sur un espace restreint estimé à 800 m de long, fermé, entre deux bois, ce qui de fait, rend inutile l’avantage numérique des français. Aussi, plusieurs rangées de pieux tournés vers le camp français empêchèrent ces derniers d’avancer à cheval et de défoncer les premières lignes anglaises. Ensuite, la pluie et la boue ont favorisé le camp du plus léger, celui des saxons composé essentiellement d’archers. Alors que les chevaux et les chevaliers français lourdement cuirassés s’enfoncèrent dans la tourbe imbibée. L’affolement des bêtes devant la nuée de flèches a provoqué une bérézina avant l’heure, un cafouillis immense. Les Gallois n’avaient plus qu’à franchir la barrière de piquets pour décomposer l’armée françoise à coup de haches et de becs de faucons.

 Et voilà comment on peut retourner une armée entière en étant mémé épuisé, en infériorité numérique et totalement perdant sur le papier. Mais pourquoi ce parallèle avec le match de Balmont FC. Aucune idée, un peu d’histoire ne fait pas de mal, surtout lorsqu’elle est passionnante. Chacun se fera ses propres analogies. Retenons que cette bataille d’Azincourt a marqué un tournant dans l’art de faire la guerre en Europe. Une des plus humiliantes branlées d’un collectif indiscipliné a permis de revoir toute l’organisation et la structure de l’armée française, ce qui porta ses fruits lors des batailles futures.

Soyons encore heureux de pouvoir philosopher sur la défaite, de citer Lao Tseu promulguant que l’échec est le fondement de la réussite. De toujours garder en mémoire l’importante trace rouge marquée sur le popotin et de revenir à chacune des batailles avec la peur de l’humiliation, de serrer les dents, de balancer des hordes de flèches, de ne rien lâcher, de garder sa fierté et de l’insuffler dans chacun de nos mouvements et à chacune de nos respirations.

Puisque selon Georges Bernanos, l'humilité épargne les affres de l'humiliation, on pourrait ne pas considérer le Balmont FC uniquement comme des humiliateurs professionnels mais comme le soleil sur lequel nous voudrions nous bruler les ailes, nous rapprocher le plus possible en nous confectionnant les ailes de miel. En voici une belle leçon. A nous d’être de bons élèves ou des cancres au caractère bien trempé. Nous pouvons même les remercier de nous avoir déculottés un soir d’automne.  Il n’est de toute façon pas nécessaire de nous rassurer, il convient au contraire de nourrir cette colère, de véhiculer notre orgueil via tous nos vaisseaux et de les concentrer tout au bout de notre pied le moment venu. La fessée que nous avons reçue bien qu’elle eut été en public est un moteur pour l’avenir.

Ou alors nous pouvons considérer que la fessée existe sous différente formes et pour tous types de motifs. Elle semble exister et faire exister depuis la nuit des temps. En France, une loi cherche à limiter l’utilisation d’une correction sous forme de raclée pour nos chérubins. Mais cela n’empechera jamais d’en donner et d’en recevoir. La tendance à la fessé ne perdra jamais de son influence Elle peut être davantage symbolique. Rien qu’à entendre les nouvelles et les médias, l’évolution de notre société ne me fera pas démentir.  L’actualité politique et social, nous met quotidiennement un pan-pan cul-cul et pas toujours à main nue.

Heureusement, il y a parfois comme le cite Jean Feixas des fessées voluptueuses, ou tendre. Mais bien souvent, qu’elle soit symbolique ou bien physique, l’acte de la fessée vire sensiblement au fétichisme, à l’intérêt porté pour ce que représente un cul, cette offrande d’un arrière train, de cette lune pudique ou extravagante, intimité exposée, livrée, manipulée.

Pour ce qui nous concerne, à 15 -1 le score final, à l’instar des chevaliers d’Azincourt,  la fessée a été humiliante et déshonorante. Laissons-nous le temps de digérer la honte et l’humiliation, ou pas, d’en faire un bouquet de fleurs, ou pas, de gonfler notre dignité afin d’être prêt pour le match retour, ou pas mais pourquoi pas de jouer en tenue de soirée le rôle d’Antoine incarné par notre Gégé Russo Belge national:

 

[Miou Miou vient de partir, laissant Blanc et Depardieu seuls...] :

« Depardieu : J'ai un tatouage à plusieurs dimensions. Un tatouage qui se déplie. Quand il roupille c'est une grenade, quand il se réveille c'est une torpille. Est-ce que ça t'intéresserait de le voir ?

Blanc: Ouarf! Tu te crois encore dans ta cellule ou quoi ?

Depardieu : On est tous en cellule mon petit pote, toi, moi, tout le monde. La vie est une prison. Et la plus terrible de toutes parce que pour s'en évader faut passer l'arme à gauche. Plaisante jamais avec ces choses là. Je vais t'enculer. Je vais t'enculer et tu jouiras. Ton fion, il en pourra plus d'extase. Ça ne sera pas la peine d'appeler au secours: en liberté il n'y a pas de gardien. Personne ne vient. T'es tout seul avec ta honte. Et moi, ta honte, je la transforme en bonheur. J'en fais un bouquet de fleurs.

Blanc: Tu parles bien quand tu veux.

Depardieu : C'est ta bouche qui m'inspire. Ta bouche et puis ton cœur. Je vais te le cambrioler ton cœur. Ton cœur et puis tout le reste. Je vais m'introduire et tout piquer.

.Blanc: Méfie-toi, j'suis piégé. Le premier qui me touche, il saute sur une mine.

Depardieu : Moi, j'te sens vulnérable. Y'a quelque chose au fond de tes yeux qui donne l'impression de vaciller. Ça t'est jamais arrivé d'avoir envie de te blottir.

Blanc: Contre quoi ?

Depardieu : Quelque chose de robuste, comme un pilier. T'endormir à l'abri, définitivement rassuré.

Blanc: Coucher avec un ami, déjà, ça m'oblige à prendre énormément sur moi. Alors avec un inconnu... J'espère que je ne vous blesse pas...

Blanc [A Miou Miou, de retour dans le lit conjugal] : Le mec qui est dans ton lit, il vient de se faire enculer, ma p'tite fille. Voilà. Après ça, on dira que la vie est belle.

Miou Miou: C'est pas forcément grave de se faire enculer... Ce qui serait grave, c'est d'y prendre goût.

Blanc: ben oui

Miou Miou: T'y prends goût ?

Blanc: ben oui »

  

 

Et si cela échoue, nous nous rendrons à l’évidence, nous pourrons toujours ravaler note honte et notre fierté et accepter une bonne fessée de temps en temps, considérant que cela ne peut pas être obligatoirement désagréable. La première fois ça gène toujours, faut savoir patienter pour y prendre du plaisir.

En attendant la suite, en attendant un sursaut de dignité, un réveil colérique ou un déclic masochiste, souhaitons nous une simple méditation, un repos de guerrier mérité, en attendant la suite…

 

Peace

Paz

Paix

Su than tan

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